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Publié le novembre 5th, 2017 | par Morgan

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TEST Wolfenstein II: The New Colossus (PS4, Xbox One, PC)

S’il y a bien une chose que le jeu vidéo nous offre régulièrement depuis 25 ans dans ce qu’il a de plus régressif, c’est le plaisir simple d’éclater du nazi à la pelle. Pendant que l’extrême droite fragile pleurniche sur la dégradation de leur sacro-sainte idéologie vomissante, le reste du monde profitera du nouvel opus de cette licence légendaire pour aller enfoncer quelques machettes virtuelles dans d’autres crânes tout aussi fragiles.

Wolfenstein II: The New Colossus est la suite directe de The New Order, au sens littéral du terme puisque le jeu démarre exactement là où s’arrête l’épisode précédent. Amoché comme jamais, il ne faudra pas longtemps pour que ce bon vieux Blazkowicz retourne au combat, avec cette fois Frau Engel dans le rôle de l’antagoniste à casquette, bien décidée à faire payer notre héro pour ses méfaits du premier opus.

Si la formule ne change pas radicalement par rapport au premier volet, on sent que Machine Games a revu sa copie, à commencer par un level design un peu plus ouvert, qui vous laissera régulièrement la possibilité de choisir entre l’infiltration et le double fusil à pompe. Malheureusement, l’intelligence artificielle n’est pas vraiment au rendez-vous, avec des ennemis au comportement parfois abscons, voire totalement buggé : au minimum sur la version 1.0, il n’est pas rare de trouver des ennemis faisant face à un mur en pleine alerte générale, attendant sagement une balle entre les deux yeux.

Cela vaut également pour les phases d’infiltration, où la stupidité d’un garde incapable de voir à un mètre que vous venez d’arracher la tête d’un de ses compagnons, côtoie l’oeil affuté d’un autre en mesure de vous repérer à l’autre bout de la zone pour déclencher l’alerte. Et peut-être parce qu’un nazi stupide doit rester un pléonasme, la recette fonctionne : on s’essaie à chaque fois à la méthode douce, l’alarme sonne sans trop comprendre pourquoi, et nous, faussement déçus, on se retrouve obligés de dégainer les 50kg de fusil laser. Zut.

Toujours à la frontière entre l’idiotie et le génie, et après un premier quart de jeu relativement sage, The New Colossus assume de plus en plus son côté série B, jusqu’à atteindre des scènes rocambolesques à faire frémir les amateurs du genre. Certains passages sont tellement inoubliables qu’il en résulte un rythme presque inégal, tant le reste de l’aventure peut sembler fade en comparaison. Cependant, l’ensemble du jeu est servi par une écriture correcte avec un doublage qui tient la route, en français comme en anglais.

Si les versions console s’en sortent honorablement, c’est sur PC que le jeu révèle toute sa saveur. Déjà parce que l’ID Tech 6 et l’API Vulkan fournie ici dès le lancement fonctionne à merveille sur des machines modestes, mais aussi parce que certains titres fonctionnent mieux à la souris quand il s’agit d’enchaîner les “saut-180°-headshot”, même pour un habitué des FPS à la manette. Avec sept niveaux de difficulté modifiables à la volée, chacun trouvera son bonheur, que vous soyez là pour profiter d’un bon gros nanar sans prise de tête, ou pour vous faire vibrer le palpitant en mourant en boucle dans les zones bien chargées.

The New Colossus n’est pas parfait pour autant. En plus de son IA perfectible, le jeu souffre de quelques problèmes de pathfinding, mais aussi de quelques rares passages d’errance dès qu’il essaie de s’extirper de son gameplay en couloirs. Le système de loot est l’autre problème majeur : que ce soit pour la vie, l’armure, les munitions ou les objets à collectionner, il faut systématiquement appuyer sur la touche correspondante. Au final, on martèle la touche à peu près tout le temps : pendant les affrontements pour ramasser de quoi se revigorer, et pendant les phases d’exploration pour racler les murs, les tables et autres bureaux à la recherche de milliers de boites de munitions et autres collectibles. Un choix curieux hérité du premier volet, qui risque de rebuter certains joueurs, alors qu’une simple option de ramassage automatique à cocher dans les contrôles pourrait résoudre ce problème.

Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, Wolfenstein II : The New Colossus remplit parfaitement son rôle de divertissement pop corn régressif, et si les tristes événements politiques de cette année trouvent écho dans la campagne publicitaire du titre, c’est pour mieux nous rappeler qu’en ces temps sombres, il n’y a rien -ou presque- de plus jouissif que d’aller casser la gueule à des nazis.

TEST Wolfenstein II: The New Colossus (PS4, Xbox One, PC) Morgan

Résumé: Plus long, plus beau, plus drôle : le dernier titre de Bethesda / Machine Games a tout pour séduire les joueurs en manque d’action et d’hémoglobine. Si vous avez aimé The New Order, cette suite vous est tout particulièrement destinée. Si vous êtes passé à côté du premier, je ne peux que vous conseiller de vous le procurer pour une bouchée de pain avant d’entamer cette suite, encore meilleure. Test réalisé sur PS4 (5h, V.F) et PC (19h, V.EN)

4,5


 

à propos de l'auteur

Des bornes d'arcade aux dernières consoles, je me considère comme un amoureux du jeu vidéo. Je suis heureux de partager avec vous ma passion et ma vision sur l'actualité du secteur au gré de mes articles et tests sur Hypergames.



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