Test

Publié le mai 6th, 2016 | par Morgan

0

TEST – Dark Souls 3 (PS4, Xbox One, PC)

Blabla difficulté, blabla souffrance, vous avez probablement lu ça au moins 15 fois avec la sortie de ce 3ème épisode. On nous rabâche ça depuis des années au gré des articles, histoire de créer deux clans : les “fans de Dark Souls”, et les autres, les “c’est pas pour moi”. Certains journalistes ont même tenté de nous faire croire, les fous, que la licence était over-hypée, que les fans n’étaient qu’une bande de blasés, jubilant dans le masochisme, allant jusqu’à nier “l’évidence” d’un jeu buggé et chiant, simplement difficile.

Ce raisonnement part d’un principe simple : le jeu vidéo doit rester un loisir immédiatement fun et convivial. Selon cette définition, Dark Souls n’est donc pas un bon jeu, car il nécessite beaucoup d’investissement et de concentration. Si les magazines people sont plus simples à lire que les grands chefs-d’œuvre de la littérature, sont-ils meilleurs pour autant ?

Inutile d’aller plus loin dans ce raisonnement : Dark Souls est sans aucun doute l’une des plus belles œuvres vidéoludiques de cette décennie, et ce troisième volet vient clore une trilogie plus que mémorable.

Louée soit la roulade, bienvenue à Lothric.

Dark Souls 3 SC1

Il est possible que ce 3ème volet soit l’occasion de vous initier à la série, avec autant l’appréhension de la difficulté que du chiffre 3 accolé au titre, vous rappelant que vous êtes en retard et que vous n’allez peut-être pas tout comprendre. Soyez rassuré : il n’est pas nécessaire d’avoir joué aux précédents volets pour apprécier Dark Souls 3, mais c’est bien sûr fortement conseillé. Si le scénario restera flou même en ayant joué aux épisodes précédents, c’est surtout intéressant sous l’angle de l’évolution des mécaniques de jeu. Ainsi, ce troisième volet apparaît sous la forme d’un best of, tant il repique à droite et à gauche le meilleur de la série pour en faire une conclusion explosive.

Dark Souls 3, c’est avant tout une aventure, avec tout ce que cela implique. Une plongée au cœur d’un monde dévasté mais sublime, où chaque nouvelle zone sera source d’émerveillement. Tout le temps différent mais toujours cohérent, le monde de Dark Souls 3 s’appuie sur une direction artistique fabuleuse, qui transforme chaque environnement macabre en terrain d’exploration fascinant dans lequel vous allez faire des rencontres, vous perdre, mais surtout vous mettre en danger. Une pression constante accentuée par une bande son d’une qualité rare, magnifiquement orchestrée, du menu principal jusqu’au combat final. Sur ce point, Dark Souls 3 surclasse les précédents volets pour nous offrir des musiques d’affrontement épiques, qui rivalisent sans problème avec les grands blockbusters Hollywoodien.

Chacune de vos actions aura son ratio risque – récompense, et si vous avancez à reculons pendant vos premières heures de jeu, avec pour seule motivation la découverte d’un trésor au détour d’un chemin, c’est finalement pour le goût du risque que vous finirez par descendre cette échelle qui mène vers une sombre crevasse, au lieu de suivre le chemin tracé devant vous.

Les précédents éléments de la série sont utilisés ici avec brio, mais les nombreux changements de surface peinent à masquer les grosses ficelles. Le classique « feu – porte – ascenseur – chemin » est parfois tellement grotesque qu’il est parfaitement possible de courir dans le tas vers une zone non explorée simplement pour activer un interrupteur, quitte à se retrouver avec 150 monstres aux fesses sans que cela ne représente un immense danger. Il y a bien quelques timides tentatives d’innover, avec notamment la disparition de l’utilisation des sorts pour une barre de compétence, ou encore de nouvelles armes et leurs pouvoirs associés, mais cela reste bien maigre pour ne pas avoir une sensation de déjà-vu sur le concept même du jeu.

Dark Souls 3 SC2

Le level design est toujours aussi ingénieux, et malgré une première moitié assez linéaire, le jeu regorge de secrets à découvrir, de chemins alternatifs et de zones annexes à la quête principale.

Si les qualités du titre sont nombreuses et indéniables, son principal défaut réside dans la façon dont ont été agencées ces origines pour créer un jeu qui ressemble beaucoup trop à ses aînés, et qui tente de se justifier par une couche ahurissante de fan-service. Toujours sur un même axe critique, difficile de ne pas faire référence à Bloodborne, le “spin off” de la série (commandé par Sony à From Software), quand Dark Souls 3 reprend son moteur graphique, ses textures, ses animations, et même certains éléments de sound design. Tel un sachet de thé oublié au fond d’une tasse, Bloodborne a infusé dans Dark Souls 3 à tel point qu’en masquant l’interface, nous serions parfois incapables de différencier les deux jeux. Avec la qualité incroyable des deux dernières productions de From Software et leurs dates de sortie proches, tout porte à croire que les titres ont été développés en même temps, et qu’il s’agit probablement d’une influence mutuelle. Cette influence se ressent jusque dans le cœur du gameplay, Dark Souls 3 étant beaucoup plus vif que ses prédécesseurs, et beaucoup plus accessible aussi.

Arrive donc l’épineux sujet de la difficulté, qu’il est difficile d’omettre ici. Loin du délire purement masochiste, la difficulté de Dark Souls n’est pas liée à la complexité dans l’exécution de commandes, mais plus dans la compréhension des mécaniques du jeu. Sous son air d’action RPG générique, Dark Souls cache sa richesse dans la construction de son personnage et dans l’utilisation des différents objets et environnements. Livré sans notice, le jeu vous pousse autant à l’exploration qu’à l’expérimentation, si bien qu’une fois appréhendé, le jeu devient infiniment plus simple. Le joueur est libre de placer où il souhaite le curseur de difficulté dans son aventure, et même ce principe n’est jamais expliqué. Vous pouvez par exemple prendre le temps de lire la description de chaque objet que vous ramassez, trouver la faiblesse de tel ou tel type de monstre, “farmer” si nécessaire ou encore demander de l’aide à un ou plusieurs joueurs en coopération. Vous pourrez ainsi vous affranchir complètement de cette barrière de la difficulté, à tel point qu’il est frustrant pour un ancien joueur qui connaît les rouages d’avoir autant d’options sous la main pour se faciliter la tâche.

Dark Souls 3 SC3

From Software a pourtant revue sa copie en ce qui concerne la pédagogie autour de l’univers : un hub central accessible dès le début du jeu réunit l’ensemble des PNJ importants, la description des objets est beaucoup plus claire, et la courbe de difficulté a globalement été lissée. Un véritable numéro d’équilibriste pour le studio Japonais, qui voulait visiblement garder l’esprit cryptique de sa série, tout en proposant une formule plus accessible pour les nouveaux venus. Un excellent jeu donc, mais beaucoup trop scolaire pour atteindre la perfection, prisonnier de la formule qu’il s’est lui même imposée.

Du point de vue technique, les versions PS4 et Xbox One tournent à 30 FPS, avec des chutes occasionnelles qui n’entachent pas l’expérience au global. La résolution est légèrement inférieure sur Xbox One pour un résultat presque identique visuellement, cependant cette différence ne suffit pas à combler un framerate légèrement plus bas que sur PS4. Rien d’insurmontable si vous avez passé du temps sur les premiers opus de la précédente génération de console, mais si vous possédez les deux, préférez la version PS4. Les joueurs PC quant à eux ne sont pas en reste avec une version propre au lancement qui, pour peu que vous disposiez d’une machine adéquate, permet de faire tourner le jeu à 60 FPS pour une expérience beaucoup plus fluide que sur console.

Il est peut-être trop tôt pour donner un avis sur Dark Souls 3 en tant que conclusion. Si Miyazaki a déclaré qu’il souhaitait arrêter la série avec cet opus, on ne pourra qu’apprécier d’autant plus ce 3ème volet dans quelques années, en tant qu’aboutissement d’une saga culte, qui s’est inspiré d’un spin off pour offrir une belle conclusion. En revanche, si d’autres “épisodes” (même sans le nom “Souls”) arrivent régulièrement sans plus nous surprendre même en restant efficaces, on notera ce 3ème volet comme le début du déclin de la série, là où l’oeuvre d’art s’est transformée en un énième produit commercial, comme on en voit trop souvent dans le jeu vidéo. Malgré toutes ces critiques, Dark Souls 3 arrive une nouvelle fois à nous sortir des sentiers battus, à nous plonger dans un univers onirique et envoûtant, autant de par sa direction artistique fabuleuse que par la concentration nécessaire pour profiter de l’œuvre. C’est bien simple, en 2016, Dark Souls est la seule licence qui me transcende au point d’en oublier de manger, avec des sessions de jeu de 10h d’affilée sans temps mort, et sans ennui. Pire encore : une fois le jeu terminé, From Software arrive à nouveau à nous faire ressentir un vide abyssal, une forme de dépression post-traumatique qui vous coupera l’envie de vous plonger immédiatement dans une autre licence, comme si le voyage était plus important que la destination.

TEST – Dark Souls 3 (PS4, Xbox One, PC) Morgan

Résumé: On se souviendra beaucoup plus de ses nombreuses qualités que de ses rares défauts, et même si cette dernière création de From Software manque sûrement d’audace par endroits, Dark Souls 3 reste un chef d’œuvre, un titre auquel vous devez jouer, absolument.

5


 

à propos de l'auteur

Des bornes d'arcade aux dernières consoles, je me considère comme un amoureux du jeu vidéo. Je suis heureux de partager avec vous ma passion et ma vision sur l'actualité du secteur au gré de mes articles et tests sur Hypergames.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Revenir en haut ↑

  • Hypergames, c’est quoi ?

    Hypergames est le rayon jeux vidéo d’ Auchan, en magasin et sur le web.

    Retrouvez toutes les semaines l’actualité, les offres de précommande et les bons plans, ainsi que les tests réalisés par notre équipe.

    Partageons ensemble notre passion du jeux vidéo !

  • Rejoignez-nous sur Facebook !